C’est une question que l’on pourrait aisément se poser lorsque l’on a un jour vu ce qu’était le « monde gay » : en sortant dans des endroits gays, ou plus simplement en squattant des applis de rencontre.

Culte1

Il est vrai que le nombre d’hommes gays qui n’a pas une relation saine à la nourriture ou à son corps est tout de même assez important. En tous cas, ce nombre est proportionnellement beaucoup plus élevé chez les homosexuels que chez les hétéros.

Il faut dire que le culte de l’apparence chez les gays est très présent. Ce qui peut sembler en totale contradiction avec notre combat pour la tolérance et l’ouverture d’esprit.
En effet, qui n’a jamais essuyé un refus violent et sans pincettes sur une application de rencontre car pas assez musclé, ou trop gros, ou trop petit, ou pas assez élancé…?

Pour l’exemple, j’étais dans une boîte gay le week-end dernier quand j’ai dû remettre à sa place un mec totalement bourré qui me demandait pourquoi je parlais à « ce mec, parce que franchement il est trop moche ».
Vous me direz peut-être qu’il a l’excuse de l’alcool. Je ne crois pas. Certains gays se permettent trop facilement de juger les gens sur leur physique et n’hésitent pas à le faire savoir.

Le problème que cela engendre, c’est qu’on devient tous plus ou moins (trop) conscient de l’image que l’on dégage, et de notre propre physique. Cela peut, tout naturellement, engendrer des complexes et donc, des troubles psychologiques liés à ce complexes.

Certains répondront à ces troubles en adoptant des comportement alimentaires peu recommandés –troubles1 en sautant des repas, en devenant accroc à des compléments alimentaires qui font soit disant maigrir et j’en passe – quand d’autres choisiront de se changer physiquement grâce au sport, ce qui, en soit, n’est pas vraiment inquiétant… Le problème, c’est que cela peut vite le devenir quand on devient accroc à la sale de sport car elle agit comme une drogue qui est là pour nous rappeler que si on ne la prend pas, on retombe en souffrance.

Mais pourquoi réagissons-nous comme cela ?
Est-ce que nous avons tous développé une peur de (re)devenir le petit gros de service à qui personne ne parle ? Ou peut-être est-ce que c’est lié au fait que bon nombre de gays ont des corps super attirants et prennent tellement soin de leur physique qu’on se dit qu’on abuse grave quand on tape dans un pot de Nutella ?

Peut-être un peu des deux…? Non ?

Culte3Ne vous êtes-vous jamais senti jugé sur votre physique par d’autres gays ? N’avez-vous jamais ressenti de pression quant à votre corps, ou votre physique en général ?

On pourrait peut-être lier cela au fait que l’on se soit senti rejeté pour notre différence étant plus jeune, et qu’une certaine compétition s’est développée une fois l’homosexualité assumée pour ne plus jamais être rejeté, même physiquement.
Mais dans ce cas là, les lesbiennes aussi auraient ce problème, non ?
Alors peut-être que tout cela est lié au fait que les hommes accordent plus d’importance à l’attirance sexuelle, et que, pour cela, il faut que le premier coup d’œil compte.
Ou cela relève peut-être d’un problème de société. Une société basée sur l’apparence qui aurait eu plus d’impact chez nous, les gays, puisque l’on a toujours essayé de se rattacher a des modèles que l’on pouvait voir à la télé, par exemple.

Comme vous pouvez le voir, il y a beaucoup de questions, et beaucoup de « peut-être » et de « ou ».

Le fait est que tous ces comportement sont engendrés par des instabilités émotionnelles dont on peut tous être victimes au cours de nos vies.
Il serait donc important de toujours se rappeler, dans ces moments-là, que pratiquement tous les homosexuels ont déjà vécu ces moments de frustration liés à leur physique. Il faudrait alors parvenir à se détacher de tout cela et vivre notre vie comme on l’entend, sans se laisser toucher par le regard des autres, tout simplement.
Rappelons-nous que la critique est un moyen d’attaque pour cacher ses propres faiblesses : mieux vaut attaquer avant de se faire attaquer, non ?
Alors la prochaine fois que vous vous sentez jugé par un autre gay : regardez le bien, et essayez de trouver la faiblesse qu’il essaye de cacher. Croyez-moi, ça permet de tout relativiser.

Dernière chose : Nous sommes en décembre. Vous venez de lire un article sur les troubles alimentaires et le culte de l’apparence… Est-ce que vous voyez où je veux en venir ?

Voilà, vous y êtes : faites vous plaisir, ce n’est pas tous les jours Noël.