« Actif ou passif ? » : on a tous un jour posé la question ! Si bien sûr on se permettra de vous répéter qu’être versatile c’est quand même très sympa, certains mecs se définissent par cet éternel clivage. Mais y a-t-il autant de gays passifs que d’actifs ?

 

D’après « le monde virtuel » : il y a plus de passifs !

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Nicolas a 27 ans. A la base il se définissait comme « un passif 100% ». Il nous explique : « Dès mes premières masturbations, je m’imaginais passif. Rien ne m’excitait plus que l’idée d’être pris. Je me suis donc dis que j’étais complètement passif ». Entre relations sentimentales de quelques mois et plans culs occasionnels, Nicolas a eu tout le loisir de vivre et expérimenter sa sexualité. Jusqu’au jour où il tombe sur un garçon passif lui aussi, qui lui plait beaucoup. « Contre toute attente, j’ai eu envie de le prendre. Et j’ai alors découvert un nouveau monde ». Rien que ça ?

 

« Vous n’imaginez même pas la différence ! J’ai été le premier surpris de ma découverte. Dès lors que j’ai commencé à être actif et que je l’ai précisé sur mon profil, j’ai reçu 3 à 5 fois plus de messages ! ». La rumeur circule depuis longtemps qu’il y aurait plus de passifs que d’actifs et certains garçons comme Nicolas n’en démordent pas : « Ca peut paraître idiot mais sincèrement mes partenaires passifs sont les plus beaux que j’ai pu avoir. Je me sens nettement plus désiré en tant qu’actif et je dois avouer que ça a transformé ma sexualité ».

 

Selon Nicolas, « l’offre de passifs » étant nettement supérieure à la « demande d’actifs », la compétition est très rude et pour séduire un bel étalon il faut se lever de bonne heure ou avoir été très gâté par dame nature.

 

Pascal, la quarantaine confirme cette impression : « Moi aussi j’étais plutôt passif avant. Mais j’ai souvent été plus attiré par les mecs plus jeunes et à mon âge je leur plais davantage en étant actif. Peu de mecs sont excités par un quadra passif. Alors qu’un homme actif un peu domi, ça les excite beaucoup j’ai l’impression. Ca doit être lié à cette mode autour des daddies ».

 

Des passifs prêts à tout pour décrocher le gros lot

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Nicolas explique la lassitude qu’il a pu ressentir en tant que passif : « Vu qu’il y a beaucoup plus de passifs sur les sites et les applis, on tombe vite dans la surenchère. C’est difficile, même quand on a une vingtaine d’années, de lutter contre des minets de 19 ans au cul imberbe parfait. Pour se démarquer, certains sont prêts à tout, y compris le pire. Ils se disent que parce qu’ils n’ont pas un fessier assez joli ou un corps parfait, ils se doivent de sortir du lot d’une autre façon. Et c’est comme ça qu’on voit des passifs qui acceptent d’être des lopes, de prendre le jus en bouche, de ne pas être safe. J’ai vraiment ressenti un truc de compétition qui m’a blasé ».

 

La vie est-elle vraiment plus rose quand on est actif ?

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Si Pascal rejoint l’avis de Nicolas sur certains points, il est en désaccord sur d’autres : « C’est vrai qu’on se sent plus désirés en étant actifs. Et puis il y a un côté rassurant, on a davantage l’impression d’être dans le contrôle. Mais il y a tout autant de compétitions entre les actifs qu’entre les passifs. Car ces derniers peuvent être très gourmands et exigeants. Ils demandent presque tous la taille de ton sexe, photos à l’appui. Si tu n’es pas à la hauteur de leurs espérances ; ils te bloquent et ne font pas dans les sentiments. Comme actif, j’ai parfois l’impression d’être une machine à baise, que les garçons cherchent un gros machin pour s’amuser, pour l’utiliser. Et s’ils ne sont pas satisfaits, ils te font des reproches en mode service après vente ».

 

Aimez-vous les uns les autres !

 

Même s’il est probable qu’il y ait en effet plus de passifs que d’actifs, transformer sa sexualité ou se forcer pour avoir plus de succès nous apparaît un peu vain. Quand on se permet de le dire à Nicolas, il réfléchit et admet : « Tu sais, parfois tu as juste envie d’avoir toutes les chances de ton côté.

J’ai l’impression qu’en étant actif j’ai plus de chances d’avoir du succès, c’est tout. C’est peut-être aussi lié à moi : qui sait, peut-être que simplement quand on me voit on m’imagine plus actif que passif et c’est pour ça que ça marche davantage dans ce sens ? Je pense surtout que si je n’avais pas eu envie de tenter de changer de position, je ne l’aurais pas fait. Tout dépend des rencontres qu’on fait. Si ça se trouve, je vais retomber sur un super actif et je redeviendrai passif… ». Après un temps d’hésitation, notre interlocuteur conclut : « Peut-être qu’on se définit trop. Peut-être que dans le fond ce serait mieux de ne rien préciser, d’arrêter avec toutes ces étiquettes et de laisser les choses se faire naturellement sans se dire « je suis comme ça et puis c’est tout »…J’ai envie de croire que c’est possible mais je reste perplexe.

Être neutre quand on drague, aujourd’hui c’est presque devenu rédhibitoire. On en est vraiment arrivés au point où on ne s’aime plus les uns les autres. On se vend et on se consomme. C’est un peu triste que l’amour et le sexe soient devenus un marché comme tout le reste».